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Plume
06/08/2007, 10h09
Trouvé par hasard sur le net!

LES MOYENS DE TRANSPORT
Des chevaux aux dromadaires en passant par un hélicoptère et même par une soucoupe volante, Tintin et ses compagnons ont utilisé de multiples moyens de transport pour se déplacer à travers chacune des aventures. Durant les vingt-trois aventures, Tintin embarque dans des paquebots, des cargos des pirogues, des trains et même dans un char d’assaut lorsqu’il désire fuir la Bordurie. Les moyens de locomotion empruntés par le célèbre reporter sont ainsi très près de la réalité technologique contemporaine de chacune des années de parution des différents albums. En effet, Hergé a tenté d’être le plus précis possible, que ce soit pour le modèle T de Ford dans Tintin au Congo, des trains dans L’Ile noire, alors que l’auteur nous a présenté le célèbre « Flying Scotsman » de la Great North Eastern Railway ou finalement le Boeing 747 dans Tintin et les Picaros. Les deux seuls moyens de transport un peu plus farfelus qu’il a dessiné sont le sous-marin en forme de requin et les patins motorisés, dont on a traité un peu plus haut (1).
Le sous-marin
Nombreux ont été ceux qui ont tenté de réaliser un sous-marin. C’est pourquoi les historiens ne sont pas certains de l’inventeur exact, en raison des multiples tentatives effectuées. Cependant, on sait qu’en 1859, Narcis Monturiol, un ingénieur espagnol, démontra publiquement l’existence de son sous-marin, l’Ictineo. « Les difficultés des pêcheurs de corail le conduisirent à imaginer et construire une première coque sous marine, qu'il appela Ictineo ; elle se déplaçait grâce à la traction humaine » (2). L’engin de coque de bois et de cuivre, de section elliptique d’environ sept mètres, pouvait accueillir jusqu’à six passagers, qui devaient utiliser leur force musculaire pour propulser l’embarcation. Une deuxième coque, toujours en bois, avait la forme d’un poisson et recouvrait la première. On y retrouvait un système de réserve de gaz d’oxygène et « l'ouverture de robinets d'admission d'eau et de sortie d'air, en utilisant le principe d'Archimède, créait les conditions nécessaires pour l'immersion » (3). Finalement, pour faciliter les mouvements verticaux, une hélice horizontale était installée sur l’Ictineo.
Un peu plus tard, Monturiol réalisa l’Ictineo II qui lui, était propulsé par une machine à vapeur. Ce sous-marin était sensiblement plus long que l’autre, avec ses dix-sept mètres et l’ingénieur espagnol avait peaufiné son invention, en installant, notamment, une pompe à air comprimé, que l’on pouvait actionner dans le but de faire sortir une partie de l’eau. Ainsi, le poids de l’engin diminuait et le principe d’Archimède faisait remonter le bateau. L’ingénieur dû cependant se résigner à abandonner son projet en raison du manque d’appui financier, et il vendit ses sous-marins à la ferraille en 1868 (4).
Vingt ans plus tard, un autre Espagnol, du nom de Isaac Peral, «présenta un projet au gouvernement pour la construction d'un torpilleur submersible qui utilisait l'électricité et qui fut lancé en 1888» (5). Le sous-marin Peral mesurait donc vingt-deux mètres de long et possédait trois torpilles. Une batterie de 480 accumulateurs de plomb servait de source d’énergie pour alimenter l’engin. Mais lui aussi dû abandonner lorsque le Ministère de la Marine refusa de l’appuyer lors de la construction d’une deuxième coque.
C’est dans Le trésor de Rackham le rouge, paru en 1942, que l’on voit apparaître pour la première fois le professeur Tournesol. De plus, il nous présente une invention des plus avant-gardiste : le sous-marin requin. Propulsé par un moteur électrique à hélice, alimenté par des batteries miniaturisées et équipé de réservoirs d’oxygène permettant une autonomie de deux heures sous l’eau, ce submersible est rapide en plus d’offrir une grande visibilité à son conducteur. Comme on vient tout juste de le mentionner, le sous-marin est déjà une invention bien connue lorsque Hergé rédige son douzième album. Cependant, le concept de sous-marin de poche n’a pas encore été exploité, et c’est en ce sens que Hergé est avant-gardiste. Cette invention n’a été réellement mise au point que six ans plus tard, soit en 1948, par un Italien du nom de Pietro Vassena, qui a fabriqué un submersible de sept mètres et demi de long et de un mètre et demi de diamètre. Ce n’est cependant qu’en 1960 que le commandant Cousteau, avec l’aide de l’ingénieur Jean Mollard, élaborera un modèle plus puissant, le Sp350, pouvant transporter deux personnes jusqu’à trois cents mètres de profondeur. De plus, les américains ont également tenté de reproduire le modèle d’Hergé, alors qu’en 1962, Woody Rigsby, propose un sous-marin double pouvant être submergé durant cinq heures (6).
Les patins à roulettes à moteur
Alors qu’en 1819 un français du nom de Petitbled fait breveter le premier prototype de patins à roues alignées, ce n’est qu’en 1863 que l’Américain James Leonard Plimpton, concevra les patins modernes, tels qu’on les connaît, composés de quatre roues en bois sur deux essieux mobiles. Les patins à roulettes à moteur ne seront que fabriqués en 1906 par le français Constantini (7). L’ingénieur allemand Gebhard a lui aussi réalisé cet engin des plus inusités, mais les siens fonctionnaient à l’acétylène, un gaz incolore et inflammable, et pouvaient aller jusqu’à trente kilomètres à l’heure (8).
Tout au long de Coke en Stock, la dix-neuvième aventure de Tintin, parue en 1958, le professeur Tournesol désire mettre au point des patins à roulettes à moteur qui, selon lui, allaient résoudre le problème de circulation. Ces patins, munis de quatre roulettes et d’un moteur à deux temps de 28 cm³, sont commandés par des flexibles qui permettent de régler les gaz de même que de diriger les patins. Ces derniers pouvaient alors atteindre une vitesse de cinquante kilomètres à l’heure.
On remarque que l’idée des patins à roulettes à moteur date d’un peu moins d’une centaine d’années avant que le professeur Tournesol ne tente de les mettre au point. Hergé a donc réutilisé une vieille idée, mais l’a réactualisé car moins de dix ans plus tard, en mars 1966, la revue Science et Vie mentionnait que l’on pouvait munir ses patins d’un petit moteur refroidi par air, d’un cheval-vapeur de puissance, et dont l’accélération et le freinage se contrôlaient manuellement. Pour ce qui est du réservoir d’essence, on le portait sur le dos et on pouvait rouler pour quelques cinquante kilomètres. On estimait la vitesse moyenne à trente-cinq kilomètres à l’heure, mais on dit que certains atteignaient cinquante kilomètres à l’heure. Ces patins sont donc relativement comparables à ceux du célèbre professeur. De plus, toujours en 1966, la Motorized Roller Skate Co, une compagnie américaine de Détroit, après avoir racheté le brevet de cette invention, tenta de commercialiser ces patins à moteur (9).
L’aviation
À l’époque où est né Tintin, le fait de voler dans un appareil construit par l’homme étonnait grandement. Ainsi, tout au long de ses aventures, le célèbre reporter et pilote nous fait découvrir plus d’un type d’avion. On peut noter par exemple qu’il a déjà conduit un Messerschmitt 109 ou encore un hélicoptère Bell 47. Hergé, toujours soucieux de vouloir dessiner les choses telles quelles le sont en réalité, s’est associé à des gens connaissant très bien ce domaine. Voici donc une ligne du temps montrant les avions faits en réalité et ceux que l’on retrouve dans Tintin.
1931 : Tiger Moth
Effectuant son premier vol le 1er octobre 1931, le Tiger Moth est un petit biplan alimenté par un moteur Gipsy de 130 chevaux. Ce type d’engin a formé les plus expérimentés pilotes de la Royal Air Force. De plus, le Brésil, le Portugal et la Suisse, entre autre, utilisèrent des Tiger Moth dans leur armée de l’air. Plus de 8000 Tiger Moth ont été manufacturés, dont plus de la moitié seulement pour la Royal Air Force. Durant la Deuxième Guerre mondiale, ce type d’avion a aussi servi à entraîner des milliers de pilotes. Bien que le Tiger Moth a cessé d’être utilisé par l’armée en 1951, le Tiger Moth est encore aujourd’hui très prisé par les collectionneurs (10).
1932 : Puss Moth
C’est dans les années trente que débute le transport en avion pour les touristes. C’est De Havilland qui créa ce petit avion pouvant transporter trois personnes. Un peu plus tard, Jim Mollisson utilisa ce type d’engin pour faire la traversée de l’Atlantique nord et de l’Atlantique sud avant de réaliser Londres-Le Cap. Sa très faible consommation de carburant en a d’ailleurs amené d’autres à tenter de réaliser des records de distance. Avec ses ailes repliables, le Puss Moth pouvait facilement se ranger dans un garage. Avec une vitesse de croisière de 174 km/h et une vitesse de pointe de 206 km/h, vingt-cinq de ces avions ont été assemblés à Toronto (11).
1934 : Un avion de type Puss Moth apparaît dans Les Cigares du pharaon.
1935 : Messerchmitt 109
Dans le milieu des années 1930, un concours pour les nouveaux designers a eu lieu pour la compagnie d’aviation Luftwaffe, et deux concurrents furent choisis pour de plus amples développements de leur modèle. Le premier vol du prototype de Willy Messerchmitt a eu lieu le 28 mai 1935. Durant la guerre de 1939-1945, ce type d’engin a eu un rôle majeur. Avec plus de 35 000 exemplaires, ce type d’engin peut aller à plus de 500 km/h. Celui représenté lors des aventures de Tintin est un BF 109 D, équipé d’un moteur de 1000 chevaux et pouvant aller à 520 km/h (12).
1938 : Spitfire
Ce type d’avion est l’un des plus fameux chasseurs de la Seconde Guerre mondiale. Il était aussi le seul capable de tenir tête aux Messerchmitt. Avec son moteur Rolls Royce, il peut atteindre 362 mph (13).
On retrouve un Tiger Moth dans L’Ile noire.
1939 : Dans le Sceptre d’Ottokar, Hergé nous présente un Messerchmitt 109 de type BF D 109.
1940 : Mosquito
Ce type d’avion est l’un des mieux réussis de l’aéronautique britannique. Bien que sa construction fût en contradiction avec le développement de l’époque- on a utilisé du bois alors que la structure métallique était déjà bien connue à cette période- il se révéla un des avions de guerre les plus performants. Avec ses deux moteurs Rolls Royce Merlin de 1230 chevaux, il peut aller jusqu’à 640 km/h. Réalisé par de Havilland, il pouvait contenir jusqu’à sept bombes en temps de guerre (14).
1945 : Bell 47 B
Il s’agit du premier hélicoptère maniable et vraiment fiable. Cinquante-sept ans après son premier vol, ce type d’engin reste encore irremplaçable pour certaines tâches agricoles (15).
1947 : Hydravion Grunman Albatros
Conçu par les Américains, cet hydravion peut faire ce qu’aucun autre ne peut faire: se poser autant sur la terre que sur l’eau ou sur la neige. Ce type d’engin peut accueillir quatre membres d’équipage, dix passagers, 5000 livres de cargaison et la possibilité de transporter des armes et des chars d’assaut. De plus, il est possible, avec le Grunman Albatros, de transporter de l’essence dans des réservoirs fixés en dessous des ailes de l’avion. Le premier vol de ce type d’embarcation fut réalisé en octobre 1947 et on l’utilisa lors des guerres de Corée et du Viêt-Nam. En 1960, l’armée canadienne se procura dix exemplaires de l’Albatros, pour servir aux recherches et aux sauvetages.
1951 : Hergé présente un Spitfire dans son album Tintin au pays de l’or noir.
1954 : Boeing 707
La compagnie Boeing était une compagnie de deuxième rang alors qu’elle annonce en 1952 la mise à l’étude d’un projet concernant un jet commercial. Trois ans plus tard, on commande vingt exemplaires de ce type d’avion. Avec une capacité quatre fois plus grande que son compétiteur et une vitesse maximale beaucoup plus grande, le Boeing 707 allait révolutionner le monde de l’aviation. Ainsi, le 707 fut construit à plus de 1000 prototypes jusqu’en 1991 (16).
1956 : On présente un hélicoptère Bell 47 B dans L’affaire Tournesol.
1958 : Hergé présente un Mosquito dans Coke en stock.
1968 : Dans Vol 714 pour Sydney, Hergé nous propose un Grunman Albatros.
1976 : Un Boeing 707 apparaît dans Tintin et les Picaros.
La fusée lunaire
Hergé a eu l’idée d’envoyer Tintin et ses amis en voyage sur la Lune quelques années avant la parution de Objectif Lune, en 1953. Il avait aussi déjà l’idée bien précise de ne pas inventer un décor lunaire loufoque, mais il voulait le rendre le plus réaliste possible. Pour ne pas commettre d’erreur et pour être le plus rigoureux possible, Hergé demanda au docteur Bernard Heuvelmans, auteur du livre L’Homme parmi les étoiles et à celui qui a écrit L’Astronautique, le professeur Alexandre Ananoff. Ainsi, dans une lettre de septembre 1947, le docteur Heuvelmans écrit qu’il continue de réunir de l’information pour son ami Hergé quant au voyage dans l’espace de Tintin. Comme quoi Hergé a travaillé et cherché longtemps avant d’envoyer Tintin sur la Lune! De plus, le créateur de Tintin avait aussi fait faire une maquette de la fusée pour avoir à sa disposition un modèle détaillé de ce dont il allait devoir dessiner. Hergé était d’ailleurs allé voir le professeur Ananoff, question de vérifier avec lui si tous les détails étaient rigoureusement exacts. D’ailleurs, plusieurs éléments de la maquette avaient été inspirés par les photos et les schémas du livre de Anannoff.
Une autre source d’information pour Hergé, pour le respect des détails de l’aventure lunaire, a été les articles parus le 18 et le 25 octobre 1952, dans le magazine américain Collier’s, qui traitait du fait que la venue d’un homme sur la Lune devait se concrétiser d’ici vingt-cinq ans. On sait maintenant que cela s’est concrétisé dix-sept ans plus tard, soit le 20 juillet 1969, avec Neil Amstrong. Dans ces deux articles, plusieurs scientifiques collaboraient pour traiter de la question de l’homme sur la Lune, dont entre autre Wernher von Braun, qui avait dirigé les recherches nazies sur les missiles avant que les Américains ne l’embauchent. D’ailleurs, la fusée de Hergé s’inspire directement des dessins et des photos de la dernière arme nazie, le V2. Cette arme avait été conçue par von Braun et avait été larguée sur Londres lors des deux dernières semaines de la Deuxième Guerre mondiale. Après la guerre, von Braun fut donc repêché par les Américains et travailla sur la mise au point de prototypes de fusées. Les articles mentionnaient toutefois que les moteurs actuels ne fournissaient pas encore assez d’énergie pour se défaire de l’attraction terrestre, mais comme le professeur Tournesol l’avait indiqué, il est fort probable que l’énergie atomique puisse réussir cet exploit.
Ainsi, avec Objectif Lune, Hergé mis dans la tête des jeunes comme des moins jeunes l’idée du voyage sur la Lune. Il a aussi proposé une explication plausible des mystères de la science nucléaire et en plus d’application des notions scientifiques justes dans les aventures de Tintin. Hergé a aussi eu une vision avant-gardiste de cette technologie puisque encore personne n’était allé sur la Lune avant Tintin! (17)
MÉDIAGRAPHIE
[1] COBLENCE, Jean-Michel et al. Tintin grand voyageur du siècle, Paris, Hergé/Moulinsart, 2001, p.156.
[2] Académie des sciences. Projet l’Europe des découvertes, (pages consultées le 20 mars 2003), [En ligne], adresse URL :
http://www.inrp.fr/lamap/activites/projet/europe/espagne/fiche1.html (http://www.inrp.fr/lamap/activites/projet/europe/espagne/fiche1.html)
[3] NICOT, Fabrice. « Les grandes dates du siècle de Tintin », Science et vie spécial Tintin chez les savants, Publications Excelsior, Paris, 2002, p.18 à 20.
[4] Ibid.
[5] Ibid.
[6] ALGOUD, Albert. Le tournesol illustré, Belgique, Casterman, 1994, p.51.
[7] Histoire, (pages consultées le 20 mars 2003), [En ligne], adresse URL :
http://www.chez.com/rollercourse/histoire.html (http://www.chez.com/rollercourse/histoire.html)
[8] Roller Squad Institut, (pages consultées le 20 mars 2003), [En ligne], adresse URL :
http://www.rsi.asso.fr/ChapMondeRoller-glossaireG.html#top (http://www.rsi.asso.fr/ChapMondeRoller-glossaireG.html#top)
[9] ALGOUD, Albert. Le tournesol illustré, Belgique, Casterman, 1994, p.61.
[10] MURPHY, Kevin. de Havilland D.H. 82 Tiger Moth, (page consultée le 3 avril 2003), [En ligne], adresse URL : http://www.warbirdalley.com/tiger.htm (http://www.warbirdalley.com/tiger.htm)
[11] Les aéronefs, (pages consultées le 2 avril 2003), [En ligne], adresse URL :
http://www.aviation.technomuses.ca/Fra/collection/sd039f.htm (http://www.aviation.technomuses.ca/Fra/collection/sd039f.htm)
[12] Messerchmitt 109, (page consultée le 3 avril 2003), [En ligne], adresse URL :
http://www.warbirdalley.com/bf109.htm (http://www.warbirdalley.com/bf109.htm)
[13] DE GRANRUT, Charles. « Hergé, un mordu des avions », Science et vie spécial Tintin chez les savants, Publications Excelsior, 2002, p.82.
[14] PICHON, Gaëtan. Mosquito de Havilland, (page consultée le 3 avril 2003), adresse URL http://avions.legendaires.free.fr/mosquito.php#photo (http://avions.legendaires.free.fr/mosquito.php#photo)
[15] DE GRANRUT, Charles. « Hergé, un mordu des avions », Science et vie spécial Tintin chez les savants, p.75.
[16] Ibid. p.79.
[17] FARR, Michel. «Des archives monumentales», Science et vie spécial Tintin chez les savants, Publications Excelsior, 2002, p.42-43
http://www.clg.qc.ca/for/reg/dep/700/actint/2003/tintin/transport.htm (http://www.clg.qc.ca/for/reg/dep/700/actint/2003/tintin/transport.htm)

Yoko
06/08/2007, 10h59
C'est intéressant, merci plume ! On voit bien qu'hergé ne faisait rien au hasard et ça renforce encore plus les aventures de tintin !