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Voir la version complète : Décès de Didier Lefèvre


Plume
05/03/2007, 09h01
Disparition

Mort de Didier Lefèvre (http://www.lexpress.fr/mag/arts/bd/bd_actu/dossier.asp?ida=455175)

Didier Lefèvre est mort, et c’est Le Photographe qui s’en va. Auteur et héros de la superbe trilogie mise en images par Emmanuel Guibert, Didier Lefèvre a succombé le 29 janvier à une crise cardiaque, à son domicile de Morangis.

bibuts
05/03/2007, 11h18
Je ne le connaissai pas.
Peux tu donner un peu plus d'info sur son oeuvre ?

Plume
05/03/2007, 11h33
Je ne le connaissais pas.
Peux tu donner un peu plus d'info sur son oeuvre ?

Didier Lefèvre, regard perdu
Didier Lefèvre

Mort du photographe bourlingueur qui a collaboré à «Libé».
Par Jean-Pierre PERRIN
[/URL] (javascript:fontSizeChange('Small');) [URL="javascript:popup_window(getSendToFriendURL()+'?doc Id=231973');"] (javascript:popup_window('/culture/231973.FR.php?mode=PRINTERFRIENDLY');) Quand on lui demandait : «C'est quoi, une bonne photo ?», il disait : «Je ne sais pas. Je cherche.» Didier Lefèvre était tant pèlerin que photographe, cheminant là où sa boussole intérieure le conduisait, même si l'actualité n'y était guère saillante, ce qui lui valait de publier peu, beaucoup trop peu. Décédé à l'âge de 50 ans d'une crise cardiaque, il était encore passé lundi après-midi à Libération, l'un de ses ports d'attache, pour lequel il avait couvert notamment plusieurs conflits, dont les guerres d'Afghanistan. C'est d'ailleurs ce pays, auquel il était attaché au-delà du raisonnable, qui l'avait converti pour toujours à la photographie, lui faisant abandonner un confortable emploi de pharmacien.

En 1986, il y accompagne une mission de MSF qui s'aventure aux confins du pays. A bout de pellicule, il en revient seul, abandonné par son escorte de moudjahidin, s'égare, manque périr d'épuisement dans un col terrifiant de l'Indu Kush, prend tout de même l'ultime cliché de ce qui doit bientôt devenir son cadavre. Finalement, il s'en sort mais c'est pour être sequestré, rançonné. Il parvient malgré tout à sauver ses 4 000 clichés, dont... six seulement seront publiés. Pour ce photographe discret, trop sans doute au regard d'une profession cédant beaucoup à l'esbroufe, il n'y aura jamais de consécration ­ que d'ailleurs il ne cherchait guère. Mais elle viendra curieusement par la bande dessinée, grâce à Emmanuel Guibert qui, mêlant les photos et planches contact du journaliste à ses propres dessins, fera de l'odyssée du journaliste une saga mi-reportage mi-quête métaphysique, en trois albums, baptisée le Photographe (éditions Dupuis). Les prix s'accumulent, y compris encore au dernier festival d'Angoulême. Etrange succès pour ce photographe aux pieds nus devenu héros malgré lui mais en permanence à la recherche de débouchés pour ses clichés. Ces dernières années, souvent sur ses propres deniers, il travaillait sur des sujets «en profondeur», comme la condition paysanne dans les ex-Républiques de l'Est.

in Libération

bibuts
05/03/2007, 11h49
Merci. ;)